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"LES GENS INTELLIGENTS TROUVENT CE DISQUE PARFAIT, ET LES ABRUTIS LE DÉTESTENT." JACK BARNETT




Dans la lignée de leur premier album Beat Pyramid paru en 2008, These New Puritans parviennent à nouveau à surprendre sur toute la durée du disque. Hidden est un album noir, inquiétant, que l'on pourrait également qualifier de tribal, et qu'il ne ferait sûrement pas bon écouter la nuit, de retour de soirée à 4h du matin dans les ruelles sombres de nos grandes villes, à moins d'avoir le goût du frisson.

We Want War, en voilà une chanson qui porte bien son nom. L'angoisse monte à mesure que les instruments entrent progressivement, et la voix susurrée de Jack Barnett sur fond de tambour conquistador ne font qu'accentuer ce sentiment peu rassurant. Les atmosphères varient complètement d'un titre à l'autre, d'une façon presque choquante, mais loin d'être déplaisante. Three Thousand a quelque chose de complètement envoutant, ensorcelant, inquiétant, presque sectaire. Alors que la chanson qui suit, Hologram, avec ses quelques accords au piano, ses cuivres et ses sonorités jazz est beaucoup plus légère. Le reste des morceaux continue à jouer avec nos nerfs (Attack Music, Drum Courts - Where Corals Lie, White Chords).

Bien sûr, contrairement à ce qu'en disent ses créateurs, ce disque n'est pas parfait. Les frères Barnett toute arrogance dehors se la jouent grande gueule façon Gallagher, maintenant que la place de duo de trublions anglais en chef est provisoirement libre. Mais une chose est au moins certaine, détester cet album serait effectivement stupide. Même si Blackout de Britney Spears en fut, selon leurs dires, l'inspiration principale...




These New Puritans // Hidden
18 janvier // (Domino / PIAS)





These New Puritans seront en France le mois prochain pour assurer la première partie des concerts de The xx,
Le 11/02 à Tourcoing (Grand Mix)
Le 12/02 à Angoulême (La Nef)
Le 13/02 à Nantes (Olympic)
Le 14/02 à Toulon (Midi Festival)

Puis de retour le 4/03 à Paris (Point Éphémère)


"SI LE CONNARD DE KEANE PASSAIT DIX MINUTES AVEC NOUS, IL N'AURAIT PLUS BESOIN D'ALLER EN DÉSINTOX, IL SERAIT DÉJA DANS SON CERCUEIL." TOM MEIGHAN






Ah qu'il est bien loin le temps de Kasabian période Empire, où les guitares étaient lourdes et où les riffs quasi électro. Ce temps-là est désormais révolu, avec West Ryder Pauper Lunatic Asylum en tout cas.
C'est la première fois que le groupe livre un album aussi éclectique, mêlant avec brio les styles d'une chanson à l'autre. Si Kasabian ne renonce pas au rock puissant qui l'a fait connaître, le groupe a cependant laissé entrer des nuances psychédéliques, électro, pop, et même orientales.

Entrée en matière avec Underdog : une intro électro presque futuriste, un riff qui vous imprime les couplets dans la tête pour un bon moment, enfin jusqu'à la deuxième chanson de l'opus, Where Did All The Love Go?, au refrain pop presque digne d'un rêve hippie - quand on connait la personnalité de Kasabian, c'est plus qu'inattendu. Le solo aux sonorités très orientales surprend, mais s'intègre parfaitement à la chanson, y apportant toute sa spécificité, avant de repartir sur une guitare acoustique que l'on jurerait sortie du premier album des américains de MGMT.

Fast Fuse rappelle les sonorités d'origine de Kasabian : un bon rock bien lourd comme on l'aime, aux riffs imparables. Mais en plus subtile, comme par l'introduction d'une guitare acoustique, le tout sublimé par une voix qui se confondrait presque avec celle d'Alison Mosshart, la part féminine des Kills.
Take Aim est probablement la plus belle preuve de l'éclectisme cité plus haut. Tous les styles y sont mariés à merveille.
On jurerait que pour composer Thick As Thieves, Tom Meighan (chanteur), Serge Pizzorno (guitariste et auteur-compositeur) et leurs compères se sont exilés dans une communauté tzigane d'Europe de l'Est où l'exercice de la guitare autour du feu de camp est courant. On imagine mal la scène, mais quoiqu'il en soit cette chanson est une des pépites de l'album. West Ryder Silver Bullet, en duo avec l'actrice américaine Rosario Dawson nous replonge dans l'univers des westerns des années 1920.

Il nous manque quoi dans tout ça ? La petite ballade qui va bien, et c'est Ladies And Gentlemen (Roll The Dice) qui se charge de remplir cette tâche. Quoique la dernière chanson de l'album, Happiness, n'est pas mal non plus à cet exercice. On y retrouve même des choeurs gospel.
Enfin, le refrain de Fire, en bon premier single, est entraînant et (très) entêtant, tellement que l'on se surprend à crier "I'm on fiiiiiiiiire" sans vraiment s'en rendre compte ; on imagine ce que ça pourrait donner en concert, et on se dit alors : Kasabian, c'est quand la tournée française déjà ?


Kasabian // West Ryder Pauper Lunatic Asylum
8 juin // (Sony/ BMG)



(...) MOTHERFUCKIN' DEATHSET !






Pas la peine d'écrire des lignes et des lignes sur The DeathSet, la vidéo parle d'elle même. Ils sont encore très jeunes dans leurs têtes, ils sont arrogants, insolents, et complètement excités. En fait, c'est exactement la représentation qu'on peut se faire d'une bande de skateurs californiens.
Et si en plus de cette attitude très teenage, le punk/rock samplé à mort te donne envie de sauter sur ton lit en insultant tes parents, alors vas vite voler leur EP Worldwide chez le disquaire le plus proche.

Deuxième extrait, les DeathSet qui sautent, se tordent, insultent et réclament de la vodka.



THE MOST HONEST BAND OF 2009


TWISTED WHEEL
INTERVIEW
12JANVIER2009
NANTES, ZENITH



Jamais l'accès aux loges d'un groupe pour réaliser une interview n'aura été aussi périlleux. Première partie d'Oasis oblige, pour rencontrer Twisted Wheel, il faut passer à travers les gardiens du parking du Zénith, puis le gardien de la salle du Zénith, puis les gardes de sécurité de la salle avant de rencontrer le groupe... Bref, le bordel. Je m'attendais à trouver un groupe d'humeur Oasis en 1994, à savoir prétentieux, grande gueule et je m'en foutistes auprès tout ce qui a un rapport de près ou de loin avec la presse. En fait pas du tout, les trois de Manchester sont adorables et ont la tête sur les épaules. Même s'ils ouvrent pour le groupe le plus culte de la décennie passée.





STAGE INVASION : Pourquoi avoir choisi Twisted Wheel comme nom de groupe ?
JONNY : C'était un club à Manchester. On voulait un nom qui avait un rapport avec la ville d'où on vient, et un nom qui avait une histoire, donc voilà pourquoi.


// Est-ce que vous considérez appartenir à la scène de Manchester, de laquelle sont aussi issus les Ting Tings, Ghost Cherry, The Courteeners, etc ?
JONNY : J'ai surtout l'impression qu'on appartient à Manchester, dans le sens où c'est la ville d'où on vient, mais on ne fait pas le même genre de musique que les Ting Tings, qui sont plus pop-dance, ou Cherry Ghost qui fait dans l'acoustic-folk... On fait du rock-punk, donc... Je ne pense pas qu'on fasse partie de la même scène musicale.
ADAM : A mon avis, on peut parler de scène quand les gens des groupes se connaissent bien... C'est différent. On vient de Manchester mais on ne connaît pas les autres groupes.


// J'ai lu que les gens vous comparaient souvent aux Arctic Monkeys. Je ne comprends pas. Votre musique n'a rien à voir avec la leur...
JONNY : C'est parce qu'ils sont cons ! En fait, beaucoup de gens qui vivent en Angleterre ne connaissent rien à la musique des décennies précédentes, donc ils nous comparent au dernier groupe en date, celui qui a eu du succès...
ADAM : Je pense que c'est parce que nos deux groupes ont des chansons qui sont beaucoup axées sur les paroles, avec beaucoup de mots, etc... Une sorte de street poetry.
JONNY : Ouais, et c'est le dernier groupe qui est sorti du nord de l'Angleterre. On écoute du rock des années 60, et Bob Dylan, et du punk, on ne fait pas vraiment attention à ce qui sort, les nouveaux groupes, donc quand les gens nous comparent aux Arctic Monkeys, tout ce que je peux répondre c'est "je n'ai aucun album d'eux"...

"DIG OUT YOUR SOUL NE VA PAS GUÉRIR LE CANCER. MAIS JE SUIS TOUJOURS EXCITÉ QUAND OASIS SORT UN ALBUM." LIAM GALLAGHER




Trois ans et demi après Don't Believe The Truh et son succès mitigé, Oasis revient avec son septième album studio, Dig Out Your Soul. Le retour aux sources des premiers albums Definitely Maybe et (What's The Story?) Morning Glory, plus rock, moins pop est bien présent. Fini les braillements de Liam Gallagher, qui a compris qu'une voix posée et moins mixée n'en était pas forcément moins rock'n'roll. Fini aussi le bassiste et le second guitariste qui écrivent et composent la moitié des chansons de l'album - retour de Noel Gallagher à cette tâche, ce qui ne peut être qu'une bonne chose puisque c'est à lui qu'on doit les meilleures chansons du groupe, et qu'il est véritablement l'âme d'Oasis (de sa musique tout du moins, on laisse à Liam le côté grande gueule et provoc').

L'album commence avec un son très rock, très vif. Bag It Up, The Turning, Waiting For The Rapture et le premier extrait de l'album, The Shock Of The Lightning. On ne peut s'empêcher de penser à Kasabian en écoutant The Turning, même si, à l'origine, c'est eux qui citaient Oasis comme quasi-unique influence. Maintenant, on a l'impression que Tom Meighan vient faire les choeurs sur "Oh come on/ Shake your rag doll baby/ Before you change your mind" Les idoles seraient-elles devenues les fans ?

I'm Outta Time, c'est un peu la Wonderwall, la Don't Go Away, la Stop Crying Your Heart Out, la Let There Be Love de cet album. Inutile de vous parler du sentiment d'avoir toujours connu cette chanson au moment du refrain "If I'm to fall/ Would you be there to applaud?" même à la première écoute. Vous l'aurez donc compris, c'est la ballade de l'album, la chanson qui s'écoute plus facilement que les autres, surtout si l'on est pas fan du style rock voire psyché d'Oasis. Elle n'en est pas moins divinement bonne.

Ensuite arrive Falling Down, puis Ain't Got Nothin', deux des chansons qui avaient été balancées sur internet alors qu'elles n'étaient encore que des démos, il y a plusieurs mois, ce qui avait fait la joie des fans. Deux des chansons qui avaient été enregistrées au moment de Don't Believe The Truth, aussi, ce qui explique peut-être le fait que l'on sente qu'il y a un décalage entre celles-ci et les autres.

Puis il y a To Be Where There's Life, à laquelle on doit le titre de l'album, qui est écrite par Gem Archer (second guitariste), même si, je vous le concède, on aurait pu croire à George Harrison dans sa période "Bangladesh is the best". Ensuite arrive The Nature Of Reality, écrite par Andy Bell (bassite)... On serait tentés de soupçonner secrètement Motörhead d'être venu souffler le riff de guitare tellement ça sonne hard rock. L'album clôt avec Soldier On. Tout sonne nouveau pour Oasis dans cette chanson : les échos de la voix de Liam Gallagher après chaque vers, le riff de basse tout au long du morceau, les accords de guitare pas saturés au maximum comme le groupe en a l'habitude... Si on se laissait porter par la chanson, on pourrait se retrouver à marcher au bord d'une vieille route américaine, en ligne droite, du genre de celles qui traversent le désert du Nevada, chapeau de cow boy fixé sur la tête, sac porté sur une seule épaule, tige d'herbe machouillée posée au coin des lèvres et bottes en cuir dignes de Clint Eastwood dans Pour Une Poignée de Dollars. Peut-être même qu'on ne serait pas surpris de croiser Butch Cassidy ou le Kid le long de cette route déserte...

Comme disait Noel Gallagher il y a quelques années :

"SORTEZ ACHETER L'ALBUM LES MECS, PARCE QU'IL FAUT QUE JE ME FASSE CONSTRUIRE UN AUTRE PARKING POUR HÉLICOPTÈRE !"



Oasis // Dig Out Your Soul
6 octobre // (Big Brother)

JOHN MC CAIN AS PRESIDENT


BLACK LIPS
INTERVIEW
20SEPTEMBRE2008
RENNES, UBU


Deux moustaches, une bouteille de vin rouge, des M&M's et une vanne bien pourrie. Le décor est planté pour cette première interview d'une longue série, un dépucelage en douceur avec une bande de larrons bien excités...





STAGE INVASION : Tout d'abord, est-ce qu'on doit dire Black Lips ou The Black Lips ?
JARED : Ça n'a pas d'importance.
JOE : Ouais, on s'en fiche.


// Pourquoi avez-vous choisi ce nom de groupe ?
JARED : Honnêtement, on s'en rappelle pas... On était encore des gamins quand on a trouvé ça, donc je m'en souviens pas. Si on pouvait revenir en arrière, on changerait sûrement de nom...
COLE : Ouais.


// Vous venez de Géorgie, c'est ça ?
JOE : (désignant Ian) En fait, lui, il vient de Louisiane.
// Ah oui, tu es Ian Saint Pé... Ça sonne très français...
IAN : Ouais, j'ai des origines françaises, et un peu écossaises aussi.
// Et tu parles français ?
IAN : Noooonn...
// Quelle honte, tu devrais!
IAN : (peu convaincu) Ouais, je sais...
// En un mot, comment décririez vous la Géorgie ?
JOE : C'est génial.
JARED : Singulier.
COLE : Sexy ! Y'a plein de trucs à faire là-bas...


// Qu'est-ce que vous connaissez à la musique française ?
JARED & IAN : On aime bien la musique française.
COLE : Carrément.
JARED : Jacques Dutronc...
JOE : Plastic Bertrand...
JARED : Non, lui il est belge !
// Ouais, et il est surtout musicalement mort...
COLE : Pierre Henry...
JARED : Serge Gainsbourg.
COLE : Jane Birkin est cool. Oh, et Justice aussi.


// Vous êtes capables de nous chanter une chanson de Jacques Dutronc ?
(...)
IAN : (chantonnant) "Et moi, et moi, et moi..."


// Y a-t-il une chanson dont vous êtes particulièrement fiers ?
JOE : "Happy birthday !"
COLE : Non, Joe...
JARED : De nos chansons ? A peu près toutes en fait.


// A chaque fois qu'on lit une review d'un de vos concerts, le mot qui revient sans arrêt c'est "wild". Est-ce que vous êtes aussi sauvages qu'on le dit ?
COLE : Euh, ouais.
JARED : Ouais, mais bon, "sauvage", il faut le nuancer.


// On a lu que vous finissiez souvent vos concerts à poil... C'est vrai ?
JARED : Ah non, non !
JOE : C'est un mensonge.
// Ce n'est pas un mensonge, on t'a vu, Cole !
COLE : En fait, on le fait pas tous les soirs, c'est tout...
// Ce soir, vous allez le faire ?
COLE : Non non !
// J'ai amené mon appareil photo, je voulais prendre des photos...
COLE : Ça coûte plus cher pour ça !
JARED : En fait, on veut pas être indécents quand on est dans un autre pays. Je n'aime pas faire des conneries en tournée ; en Géorgie ça va, mais c'est tout.


// Quel est le meilleur concert que vous ayez vu ?
JARED : J'ai vu les Beatles au Shea Stadium, c'était leur dernière performance en public... C'était incroyable, dingue.
// (dubitatifs) Mmmh... T'avais quel âge ?
(rire collectif)
COLE : ...On les a quand même vu en dvd !


// Et en ce qui concerne vos concerts, y a-t-il un souvenir particulier que vous gardez ?
COLE : Une fois, je jouais, et quelqu'un a ramené un chien, alors j'ai pris la patte du chien et je l'ai fait gratter les cordes de ma guitare. Ce fut un grand moment... (On a cru que c'était des conneries, mais en fait non, LA PREUVE, ndlr)


// On a vu votre concert à Tijuana... Ca fait quoi de jouer au milieu de la foule, avec les gens qui sont en train de se toucher, ou même de baiser ?
IAN : Ah, vous y étiez ?
// Non, non, on a vu les vidéos...
JARED : Tous les clubs sont comme ça au Mexique, tu joues au milieu des gens, il n'y a pas de scène. Et c'est un truc de dingue !
COLE : Le Mexique, c'est génial !
JOE : Ouais, c'est merveilleux.


// Est-ce que les stage invasions vous dérangent ?
JOE : Moi, ça me va.
JARED : Ouais moi aussi. Du moment que les gens ne touchent pas aux instruments... Tu fais gaffe à tes mains, et je me fâcherai pas.
// On a des amis qui viennent pour le concert ce soir, et comme on passe pas mal Bad Kids dans les fêtes, tout ça, ils risquent de devenir dingues quand ils entendront les premières notes de la chanson, et ils pourraient monter sur scène...
JOE : C'est bon pour moi, du moment qu'ils font gaffe à ce qu'ils font et qu'ils nous emmerdent pas...
IAN : The spirit of the revolution !
JOE : Si y'en a un qui touche, je frappe !
IAN : À chaque fois qu'on joue en France, les gens montent sur scène. Les français sont sauvages ! On aime bien ça d'ailleurs en France. Paris... Marseille... Bordeaux...


// Quel mec du groupe va finir raide mort ce soir ?
JOE : C'est Ian !
IAN : C'est pas vrai !
// Encore un peu de vin, Ian ?!
JARED : Moi, je ne bois pas beaucoup, je fume plutôt... J'essaye d'atteindre Dieu ! A travers l'usage de drogues psychédéliques… c'est une thérapie.
// Et, tu as réussi à l'atteindre ?
JARED : Pas encore !


// Légende ou réalité : vous n'êtes plus autorisés à jouer à Atlanta ?
JARED : Oh non... On a été bannis de plusieurs endroits, c'est vrai, mais on peut toujours jouer là-bas, on joue où on veut. Personne ne peut nous enfoncer, surtout pas dans notre ville, Atlanta, où c'est l'argent qui fait tout tourner... Les patrons de tous les endroits où on s'est fait virer nous demandent de revenir maintenant !
COLE : ...Et ils disent qu'il sont désolés.
JARED : Ouais, mais on ne s'excuse jamais pour rien. Il ne faut jamais s'excuser dans la vie. Pas de regrets.


// Un dilemme à la mode ces temps-ci : Obama ou Mc Cain ?
JARED : Oh, Mc Cain. (il marque une pause) ...Non je déconne !


// C'est quoi le truc avec les moustaches dans votre groupe ?
JARED : Oh ouais, j'ai rasé la mienne ! Tu sais, il fait chaud en Géorgie, tellement chaud que ça fait le même effet qu'une chute d'eau là-dessous !
// En fait on pensait que vous aviez été traumatisés par Tom Selleck, le mec de la série Magnum, quand vous étiez gamins...
JARED : Ah, mais non ! Je pense que c'est plutôt Paul Reynolds qui m'a inspiré. En fait non, les généraux, tu sais les vieux généraux, ce sont eux qui m'ont donné l'envie d'avoir une moustache.
COLE : Ouais, ceux des années 1800...


// En un mot, comment décririez-vous votre groupe ?
COLE : Magnifique !
IAN : Les jeunes sont magnifiques.


// On a un truc à vous demander. On ne trouve pas de nom pour notre fanzine. Vous n'auriez pas une idée pour nous ?
COLE : Mc Cainette !
// Comment tu épelles ça ?
COLE : ...J'en sais rien ! ...Non attend, j'ai mieux : JohnMcCainAsPresident ! Ouais voilà, c'est ça ! Les gens vont adorer ça !


// Quel est le pire groupe du moment selon vous ?
JOE : Vampire Weekend.
IAN : Ce sont des connards.


// Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?
JARED : On essaye d'atteindre Dieu !


// Vous avez écrit la chanson O Katrina juste après l'ouragan. Ian, t'étais à la Nouvelle Orléans à ce moment-là ?
JARED : Non, on était en tournée.
IAN : Ouais, et les français nous racontaient ce qui était en train de se passer là-bas, on était en tournée du côté de Bordeaux...
// Et, vous comptez écrire une chanson à chaque fois qu'un ouragan ravage le sud des Etats-Unis ? Parce que vous avez pas fini, à ce rythme là...
COLE : Ouais, on va en écrire une pour Ike ! (il se met à chanter) "Oh Ike, why are you so mean ?!"


// Quelle est la chose la plus stupide que vous ayez faite dans votre vie ?
COLE : Je suis allé en taule. J'étais bourré. J'ai volé un rouge à lèvres et j'ai été arrêté. On bossait dans un restaurant, en Géorgie, j'ai voulu sortir une minute, donc j'ai passé la porte, et j'ai volé un rouge à lèvres... Et j'ai fini en taule. Avant, en Géorgie, ils te coupaient la main pour un truc pareil !
Oh, et une autre fois, j'avais une Fender Jaguar, le genre de guitare qui coûte dans les 6 000 dollars. On s'apprêtait à jouer dans un club en Angleterre, et je l'ai posée par terre... et je me suis barré... Comme ça. Sans aucune putain de raison !
IAN : Le truc le plus stupide que j'ai fait, c'était... euh... Le seul truc dont je me souviens c'est d'avoir voulu me couper le pouce, comme ça... (il nous montre la cicatrice qu'il a maintenant au pouce). C'est lui qui m'a emmené à l'hôpital ! (montrant Cole)
COLE : Ouais, c'était fun !
JARED : Un jour, je m'étais mis minable parce que ma mère avait engagé une babysitter pour me surveiller alors que j'avais... enfin j'étais assez grand pour me surveiller tout seul quoi. Alors je suis allé à une fête, j'ai picolé, et je me suis fait embarquer par la police, alors je suis devenu dingue : je suis monté sur les escaliers et je me suis éclaté la gueule ! ...C'était sublime !
// T'avais quel âge ?
JARED : Genre... 17 ans...
// T'avais une babysitter à 17 ans ???!
(rire collectif)
JARED : Mes parents... ils n'avaient pas confiance en moi.
COLE : Il était assez vieux pour se taper la babysitter !
JARED : Ouais, elle devait avoir 22 ans, et elle était bien gaulée.


// Quel est votre alcool de prédilection ?
COLE : Le scotch.
JOE : Le scotch.
COLE : L'absinthe, aussi...
JARED : On peut en trouver en Géorgie maintenant... Mais c'est illégal.
COLE : C'est la même chose en France, non ?
// Ouais, voilà. Mais tu peux en trouver légalement en Pologne, en Allemagne aussi je crois...
COLE : Je peux t'en trouver en France si tu veux...


(Un roadie s'inscruste) : Eh, notez quand même que tout ce que l'on mange, c'est des bonbons ! (il y a une assiette qui déborde de bonbons en tout genre sur la table, personne n'y touche, ndlr)


// Qu'est-ce que vous pensez de la France ?
JARED : On adore la France.
COLE : C'est pas notre première fois ici, on est déjà venus, tu sais.
IAN : Ouais mais c'est notre première fois dans cette ville.
// Il va falloir que vous reveniez.
COLE : Absolument.


// Qu'est-ce que vous préférez en ce qui concerne de la France ?
JOE : Les femmes, le vin... J'aime les françaises !
IAN : J'aime la langue.
// Tu as des origines françaises, tu aimes la langue française... T'as plus qu'à te mettre au français.
IAN : J'adore écouter parler français. Mais ce n'est pas très pratiqué en Géorgie, l'espagnol est plus répandu...
JARED : J'aime les françaises qui parlent anglais avec l'accent français...
// Je déteste mon accent français. Je devrais allez aux Etats-Unis ou en Angleterre pour le perdre...
IAN : Non, ne va pas en Angleterre ! Tu prendras le pire accent qui existe !
JOE : Tu seras du style : (il prend l'accent anglais et fait une grimace) "HELLOOOOW !"
IAN : Je n'aime pas l'Angleterre.
// Vous n'aimez pas l'Angleterre ? Pourtant vous jouez là-bas...
JARED : On joue tout le temps là-bas... On n'a pas vraiment le choix. C'est la crise, leur livre sterling vaut beaucoup de dollars maintenant... Enfin à présent ça devrait aller, ça ne peut pas être pire !
JOE : Arrête, on est encore foutus !
JARED : On n'aime pas les Russes non plus. Enfin, je parle du Gouvernement américain.
COLE : Ouais, et tu sais qui il aime bien, le Gouvernement ? Sarkozy !


// On allait justement vous demander si vous connaissiez le nom du Président Français ! Vous nous avez devancés là...
COLE : Je le connais. Sarkozy. Je l'appelle "not so cosy" (jeu de mot, ndlr) Parce qu'il me semble qu'il veut vous faire travailler de plus en plus, les gars...
JARED : Sarkozy est célèbre aux Etats-Unis.
COLE : Vous, les gars, vous ne l'aimez pas tellement, mais moi je l'aime plutôt bien...
JARED : Sarkozy ??!
COLE : Ouais, il est cool.
JOE : Sa femme est canon !
COLE : Ouais, c'est pour ça que je l'aime bien. Qu'est-ce qu'elle est sexxxxy ! Tu sais ce que je me dis ? C'est que si elle est avec lui, alors il ne peut pas être aussi terrible qu'on le dit...
JARED : Je le préfère encore à Chirac...
// Ah, mais vous connaissez tous les Présidents français ??!
COLE : Chirac, il aimait la bière Busch, il l'aimait vraiment. Il aimait la bière américaine !
// On n'aime pas Sarkozy...
COLE : Eh bien c'est peut-être parce qu'il est not so cosy !
IAN : C'est une salope !
COLE : Ouais, les jeunes ne l'aiment pas, je sais...


// Vous pensez que c'est Obama ou McCain qui sera élu ?
COLE : Obama.
JARED : Obama.


// Vous êtes optimistes. Normal, si c'est McCain, vous êtes foutus...
JARED : Oh, mais on est déjà foutus !


// Venez vivre en France si McCain passe !
JARED : J'essaierai... Je veux épouser une française. J'y penserai...
COLE : On aime naturellement la France.
JARED : On aime tellement les français... On se sent proches d'eux. C'est comme se battre avec son propre frère, tu vois ce que je veux dire ?




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BLACK LIPS.
album Good Bad Not Evil (Vice)