Un peu plus d'un mois après sa sortie, mais mieux vaut tard que jamais, il est temps de mettre en lumière le nouvel album de Mark Ronson, Record Collection. Comme à son habitude, l'anglais est parvenu à rassembler une foule d'artistes pour interpréter ses compositions, toujours dansantes et mêlant souvent avec talent des univers musicaux parfois radicalement opposés.
Petite retrospective pour commencer. Mark Ronson, c'est qui ? Tout d'abord, un producteur de génie. Son plus gros coup reste l'excellent album Back To Black d'Amy Winehouse, qu'il a tout simplement révélée, elle et son talent. Il est donc l'un des principaux responsables du retour de la soul sur le devant de la scène musicale depuis la deuxième moitié des années 2000, et on l'en remercie.
Mais Marco est aussi un artiste à part entière. Record Collection est déjà le troisième album de l'anglais, après Here Comes The Fuzz en 2003 et Version en 2007. Enfin, comme tous les bons producteurs, Mr Ronson sait s'entourer. Il n'est en effet pas donné à tout le monde de pouvoir s'offrir les services de Jack White, Mos Def et Sean Paul sur un premier album, et Amy Winehouse, Paul Smith, Kasabian et Santigold sur un second opus. En parlant d'entourage, mentionnons au passage que Mick Jones des Foreigners n'est autre que son beau-père, chose qui aide à se forger un background musical de qualité dès la petite enfance, dirons-nous.
Pour ce troisième album, moins de noms prestigieux (Boy George de retour des années 1980 tout au plus), mais toujours cette aptitude à mêler les sonorités avec brio. Le titre qui sort le plus du lot, de par son originalité et les univers totalement opposés de ses interprètes, reste probablement Somebody To Love Me, avec Boy George, Andrew Wyatt (de Miike Snow) et Rose Elinor Dougall (qui faisait partie de la première formation Pipettes). Bang Bang Bang, Glass Mountain Trust et Hey Boy, quant à eux, sont les valeurs dansantes de l'album. Mais Record Collection, dans la même veine que Plastic Beach de Gorillaz sorti plus tôt cette année, fait surtout la part belle au hip hop, qui est l'un des grands amours de Mark Ronson, en témoigne les nombreux rappeurs présents sur cet album : Spank Rock, Pill, Q-Tip, Ghostface Killah, Wiley, ou encore les soulmen D'Angelo et Theophilius London.
Délaissant les cordes et les vents so sixties de Version pour se pencher sur les claviers beaucoup plus eighties, ce nouvel opus ne fait qu'asseoir le statut de Mark Ronson de producteur/compositeur indispensable à la scène anglaise.
Mark Ronson & The Business Intl // Record Collection
27 septembre // (Columbia)
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MAXIMUM GÉNIE
Musicien et producteur hyperactif, David Sitek, guitariste et producteur de TV On The Radio, est de ceux qui ont toujours un projet en cours (un peu comme David Guetta, mais le talent et l'intelligence créative en plus). Le dernier en date, et non des moindres, c'est Maximum Balloon. Le premier titre mis en écoute avant l'été, Tiger, nous avait mis l'eau à la bouche (et la vidéo de Daisy Lowe dansant en sous vêtements sur ladite chanson lors d'une séance photo pour Esquire en avait fait saliver plus d'un), et avec l'album éponyme qui s'apprête à sortir, nous ne sommes pas en reste.
Depuis dix ans maintenant, David Sitek est, tapi dans l'ombre, l'un de ceux qui se cachent derrière bon nombre d'albums qui ont pas mal tourné sur les platines et dans les bibliothèques iTunes des férus de bonne musique. Pour vous donner un ordre d'idées, Sitek a notamment co-produit : les quatre albums des Yeah Yeah Yeahs, le premier album de Foals, tous les albums de son groupe TV On The Radio, l'album de reprises de Tom Waits qu'a sorti Scarlett Johannson en 2008, They Were Wrong So We Drowned de Liars, j'en passe et des meilleures. Bref, le genre de CV qui a de la gueule.
Sitek sait donc bien s'entourer. Et c'est le genre de choses qui peut être utile lorsque l'on décide de se lancer en solo. Du coup, il n'a pas fallu leur demander à deux reprises pour que ses copains Karen O des Yeah Yeah Yeahs, Tunde Adebimpe et Kyp Malone de TV On The Radio, David Byrne des feu-Talking Heads, et la chanteuse de Little Dragon, entre autres, viennent poser leur voix ses toutes nouvelles compositions. C'est bien simple, sur dix chansons, l'album comporte dix featurings. Dave Sitek n'aime pas pousser la chansonnette, il laisse cela à ceux qui savent le faire. Sage décision.
Alternant tubes en puissance (Groove Me, If You Return, Tiger, Apartment Wrestling) et morceaux plus posés (Shakedown, Communion, The Lesson) David Sitek est bien parti pour combler nos oreilles une décennie de plus.
Maximum Balloon // Maximum Balloon
27 septembre // (Cooperative Music)
Depuis dix ans maintenant, David Sitek est, tapi dans l'ombre, l'un de ceux qui se cachent derrière bon nombre d'albums qui ont pas mal tourné sur les platines et dans les bibliothèques iTunes des férus de bonne musique. Pour vous donner un ordre d'idées, Sitek a notamment co-produit : les quatre albums des Yeah Yeah Yeahs, le premier album de Foals, tous les albums de son groupe TV On The Radio, l'album de reprises de Tom Waits qu'a sorti Scarlett Johannson en 2008, They Were Wrong So We Drowned de Liars, j'en passe et des meilleures. Bref, le genre de CV qui a de la gueule.
Sitek sait donc bien s'entourer. Et c'est le genre de choses qui peut être utile lorsque l'on décide de se lancer en solo. Du coup, il n'a pas fallu leur demander à deux reprises pour que ses copains Karen O des Yeah Yeah Yeahs, Tunde Adebimpe et Kyp Malone de TV On The Radio, David Byrne des feu-Talking Heads, et la chanteuse de Little Dragon, entre autres, viennent poser leur voix ses toutes nouvelles compositions. C'est bien simple, sur dix chansons, l'album comporte dix featurings. Dave Sitek n'aime pas pousser la chansonnette, il laisse cela à ceux qui savent le faire. Sage décision.
Alternant tubes en puissance (Groove Me, If You Return, Tiger, Apartment Wrestling) et morceaux plus posés (Shakedown, Communion, The Lesson) David Sitek est bien parti pour combler nos oreilles une décennie de plus.
Maximum Balloon // Maximum Balloon
27 septembre // (Cooperative Music)
LES JOLIES COLONIES DE VACANCES
On a commencé à entendre parler des anglais de Summer Camp au début de l'été. Ironie du sort, c'est à la fin de la période estivale qu'ils sortent leur premier ep, intitulé Young.
Six pistes portées par la voix mutine de Elizabeth Sankey, à l'exception du premier titre, Round The Moon, véritable bouffée d'air frais pop romantique, où c'est Jeremy Warmsley qui se plante derrière le micro. Jeremy Warmsley, ce nom n'est pas totalement inconnu ; avant, il officiait en solo outre-Manche et était signé sur Transgressive Records (et venait en France faire des concerts à emporter dans les églises). Puis il a décidé d'embaucher sa journaliste de girlfriend Elizabeth et de monter un groupe.
Un peu moins d'un an plus tard, le son de Summer Camp n'est pas encore tout à fait affirmé, parfois à mi-chemin entre Joy Division et The Cure (Round The Moon), et à d'autres moments, plus proche de la pop anglaise plus légère optimiste des années 1980 (Veronica Sawyer, Ghost Train.) Le son est volontairement cheap, très axé sur les effets d'écho, et c'est bien ce qui contribue au charme de la musique de Summer Camp. Une approximation touchante, adolescente, que l'on retrouve d'ailleurs dans les clips du groupe.
A noter aussi, l'apparente passion pour le cinéma qu'a développé le groupe, puisque Jake Ryan est le nom d'un personnage de Sixteen Candles de John Hughes, sorti en 1984, et Veronica Sawyer n'est autre que le personnage principal (interprété par Winona Ryder) du film Heathers, de Michael Lehmann, sorti en 1989. Par ailleurs, le clip de Round The Moon est constitué de scènes du film suédois culte A Swedish Love Story de Roy Andresson (1970), et celui de Ghost Train, de scènes de Last Summer de Frank Perry sorti en 1969.
Summer Camp // Young EP
20 septembre // (Moshi Moshi Records)
Six pistes portées par la voix mutine de Elizabeth Sankey, à l'exception du premier titre, Round The Moon, véritable bouffée d'air frais pop romantique, où c'est Jeremy Warmsley qui se plante derrière le micro. Jeremy Warmsley, ce nom n'est pas totalement inconnu ; avant, il officiait en solo outre-Manche et était signé sur Transgressive Records (et venait en France faire des concerts à emporter dans les églises). Puis il a décidé d'embaucher sa journaliste de girlfriend Elizabeth et de monter un groupe.
Un peu moins d'un an plus tard, le son de Summer Camp n'est pas encore tout à fait affirmé, parfois à mi-chemin entre Joy Division et The Cure (Round The Moon), et à d'autres moments, plus proche de la pop anglaise plus légère optimiste des années 1980 (Veronica Sawyer, Ghost Train.) Le son est volontairement cheap, très axé sur les effets d'écho, et c'est bien ce qui contribue au charme de la musique de Summer Camp. Une approximation touchante, adolescente, que l'on retrouve d'ailleurs dans les clips du groupe.
A noter aussi, l'apparente passion pour le cinéma qu'a développé le groupe, puisque Jake Ryan est le nom d'un personnage de Sixteen Candles de John Hughes, sorti en 1984, et Veronica Sawyer n'est autre que le personnage principal (interprété par Winona Ryder) du film Heathers, de Michael Lehmann, sorti en 1989. Par ailleurs, le clip de Round The Moon est constitué de scènes du film suédois culte A Swedish Love Story de Roy Andresson (1970), et celui de Ghost Train, de scènes de Last Summer de Frank Perry sorti en 1969.
Summer Camp // Young EP
20 septembre // (Moshi Moshi Records)
GÉMEAUX
L'été est souvent favorable à la fleuraison de groupes américains appartenant à une scène dreampop en pleine expansion. On se rappelle de l'émergence de The Pains Of Being Pure At Heart l'année dernière, par exemple. La dernière recrue de qualité en date s'appelle Jack Tatum, ou plutôt Wild Nothing, du nom de son projet, et signe l'un des albums incontournables de l'été avec Gemini.
Difficile après avoir écouté cet album de croire qu'il ait été entièrement enregistré par un seul et même homme, à savoir celui qui se cache derrière le pseudonyme Wild Nothing, Jack Tatum. C'est pourtant le cas. Si certains soulignent les quelques faiblesses propres au jeune âge (21 ans) et au peu d'expérience musicale de l'américain (facilité des productions, une certaine naïveté dans l'écriture), l'efficacité pop de ses compositions apparaît pourtant incontestable. Gemini possède bel et bien un potentiel mélodique rare ; les titres Live In Dreams, Summer Holiday, O Lilac, My Angel Lonely ou encore Chinatown en témoignent avec brio.
Les mélodies, portées par des synthés et un son clair des guitares, redonnent la fraîcheur jusque là manquante à cet été pressentit pour être caniculaire du début à la fin. En plus de nous gratifier d'un sentiment de liberté et d'insouciance plus qu'appréciable, la musique de Wild Nothing n'est pas sans rappeler quelques groupes à qui l'on doit aujourd'hui tout un pan de la musique pop, à savoir les Cocteau Twins (sur Drifter), voire The Cure (Gemini).
Gemini offre donc une dreampop insouciante et éphémère, mais pourtant intense, bref, les adjectifs avec lesquels on espère tous décrire un été idéal lorsque l'heure de la rentrée aura sonné.
Wild Nothing // Gemini
25 mai // (Captured Tracks)
Difficile après avoir écouté cet album de croire qu'il ait été entièrement enregistré par un seul et même homme, à savoir celui qui se cache derrière le pseudonyme Wild Nothing, Jack Tatum. C'est pourtant le cas. Si certains soulignent les quelques faiblesses propres au jeune âge (21 ans) et au peu d'expérience musicale de l'américain (facilité des productions, une certaine naïveté dans l'écriture), l'efficacité pop de ses compositions apparaît pourtant incontestable. Gemini possède bel et bien un potentiel mélodique rare ; les titres Live In Dreams, Summer Holiday, O Lilac, My Angel Lonely ou encore Chinatown en témoignent avec brio.
Les mélodies, portées par des synthés et un son clair des guitares, redonnent la fraîcheur jusque là manquante à cet été pressentit pour être caniculaire du début à la fin. En plus de nous gratifier d'un sentiment de liberté et d'insouciance plus qu'appréciable, la musique de Wild Nothing n'est pas sans rappeler quelques groupes à qui l'on doit aujourd'hui tout un pan de la musique pop, à savoir les Cocteau Twins (sur Drifter), voire The Cure (Gemini).
Gemini offre donc une dreampop insouciante et éphémère, mais pourtant intense, bref, les adjectifs avec lesquels on espère tous décrire un été idéal lorsque l'heure de la rentrée aura sonné.
Wild Nothing // Gemini
25 mai // (Captured Tracks)
BROS BEFORE HOES
Les Black Keys ne sont pas du genre à chômer. En neuf ans d'existence, le duo d'américains en est déjà à son septième opus. Mais à l'heure où la majorité des groupes s'avère relativement avare sur la quantité de morceaux proposés sur leurs albums, les Black Keys ne font rien comme tout le monde et nous pondent un opus de quinze titres avec Brothers, rien de moins. Un album dont la devise pourrait d'ailleurs être bros before hoes, ou littéralement, les potes avant les putes.

Depuis leur premier album The Big Come Up en 2002, les Black Keys apparaissent comme les petits frères de l'ombre des White Stripes. Certes, ils forment un duo comme Jack et Meg White, et leur rock est très emprunt au blues, propriété du terroir américain. Mais là s'arrête la comparaison. En effet, les Black Keys, en plus de mêler avec génie rock et blues, ajoutent à ce mélange jouissif la divine voix soul du très barbu guitariste/chanteur Dan Auerbach (ce que l'on ne peut pas tout à fait accorder à Jack White !), qui n'est pas sans rappeler un autre groupe américain à mi-chemin entre rock et blues, les excellents Cold War Kids. Voilà pour les présentations.
Brothers est un album rempli de tubes potentiels tels les irrésistibles Next Girl, Howlin' For You ou encore She's Long Gone. Et on n'est pas en reste avec le premier single, Tighten Up, sur lequel on retrouve la patte de Danger Mouse, producteur américain de génie officiant dans Gnarls Barkley et Broken Bells et ayant collaboré, entre autres, avec Gorillaz. Mais l'homme est un vieil ami du duo puisqu'il produisait déjà leur opus précédent, Attack & Release sorti en 2008 (album au titre curieusement très proche de celui de Simian Mobile Disco, Attack Decay Sustain Release, paru un an plus tôt).
Accusés d'avoir quelque peu abandonné le côté brut qu'avait leur son à leurs débuts, les Black Keys n'en ont pourtant pas moins perdu l'essence de leur musique : un rock bluesy chaud et poussiéreux aux riffs sexys et rythmés, qui nous transporte directement dans le fin fond de l'Ohio le temps d'un opus. Un aller simple en première classe, bon voyage.
The Black Keys // Brothers
18 mai // (Nonesuch Records)
Messieurs, la deuxième vidéo aura peut-être un intérêt supérieur à vos yeux dans la mesure où, en plus de la marionnette-chaussette dinosaure qui fait du playback, des bonasses coiffées et maquillées façon 60s se trémoussent, de manière absolument ridicule certes, en bikini autour d'une piscine. Les Black Keys sont des malins car ils savent que même si vous n'aimez pas leur musique, vous allez regarder leur clip. Et très probablement mettre la vidéo en format plein écran.

Depuis leur premier album The Big Come Up en 2002, les Black Keys apparaissent comme les petits frères de l'ombre des White Stripes. Certes, ils forment un duo comme Jack et Meg White, et leur rock est très emprunt au blues, propriété du terroir américain. Mais là s'arrête la comparaison. En effet, les Black Keys, en plus de mêler avec génie rock et blues, ajoutent à ce mélange jouissif la divine voix soul du très barbu guitariste/chanteur Dan Auerbach (ce que l'on ne peut pas tout à fait accorder à Jack White !), qui n'est pas sans rappeler un autre groupe américain à mi-chemin entre rock et blues, les excellents Cold War Kids. Voilà pour les présentations.
Brothers est un album rempli de tubes potentiels tels les irrésistibles Next Girl, Howlin' For You ou encore She's Long Gone. Et on n'est pas en reste avec le premier single, Tighten Up, sur lequel on retrouve la patte de Danger Mouse, producteur américain de génie officiant dans Gnarls Barkley et Broken Bells et ayant collaboré, entre autres, avec Gorillaz. Mais l'homme est un vieil ami du duo puisqu'il produisait déjà leur opus précédent, Attack & Release sorti en 2008 (album au titre curieusement très proche de celui de Simian Mobile Disco, Attack Decay Sustain Release, paru un an plus tôt).
Accusés d'avoir quelque peu abandonné le côté brut qu'avait leur son à leurs débuts, les Black Keys n'en ont pourtant pas moins perdu l'essence de leur musique : un rock bluesy chaud et poussiéreux aux riffs sexys et rythmés, qui nous transporte directement dans le fin fond de l'Ohio le temps d'un opus. Un aller simple en première classe, bon voyage.
The Black Keys // Brothers
18 mai // (Nonesuch Records)
Messieurs, la deuxième vidéo aura peut-être un intérêt supérieur à vos yeux dans la mesure où, en plus de la marionnette-chaussette dinosaure qui fait du playback, des bonasses coiffées et maquillées façon 60s se trémoussent, de manière absolument ridicule certes, en bikini autour d'une piscine. Les Black Keys sont des malins car ils savent que même si vous n'aimez pas leur musique, vous allez regarder leur clip. Et très probablement mettre la vidéo en format plein écran.
NEVERMIND
Attendu comme le messie par le microcosme (qui s'est quelque peu élargit ces dernières années) constitué par les aficionados de rock indé, le nouvel album de Foals, Total Life Forever, a enfin filtré. Étant donné le buzz qui s'est formé autour de ce nouvel opus des cinq garçons d'Oxford au cours des derniers mois, je ne peux cacher qu'il aurait été jouissif de pouvoir affirmer que ce second effort n'était pas à la hauteur des espérances. Mais Total Life Forever l'est bel et bien.

L'entrée en matière avec Blue Blood se fait de manière très aérienne, musicalement épurée, avec la voix de Yannis Philippakis résonnant comme un écho lointain, ce qui apporte à la chanson un léger côté démo, pas nécessairement déplaisant. Progressivement, le riff de guitare puis le beat de batterie viennent accompagner la voix, et voilà l'album lancé.
Miami et Total Life Forever, titre éponyme, sont probablement les deux seuls morceaux qui nous rappellent les Foals du premier album : chansons dansantes, entêtantes, courtes, efficaces. Non pas que le reste du disque ne le soit pas, mais les compositions sont plus poussées, et donc parfois moins accessible à la première écoute. Preuve s'il en est avec Black Gold, la véritable pépite de l'album, forte de sa richesse musicale. On la retrouve notamment dans la montée progressive d'une certaine intensité émotionnelle dont l'apogée arrive avec la répétition finale des deux mots into yourself, entêtants et même envoûtants, concordant parfaitement avec l'accélération progressive de notre rythme cardiaque.
Spanish Sahara rentre tout compte fait totalement dans l'esprit de l'album, une fois dans son contexte, alors qu'elle avait plutôt surpris (et le mot est faible) lorsque le groupe l'avait mise en écoute début mars, tant le fossé avec les précédents morceaux du groupe était large. C'est aujourd'hui This Orient, premier single officiel, qui fait office d'ovni, en plus d'être qualitativement au-dessous du reste de l'opus. Fugue, interlude de quarante-neuf secondes aux accents expérimentaux, arrive ensuite, pour mieux introduire After Glow, autre belle surprise de l'album. Puis Alabaster, et son atmosphère glaciale à l'image de la couverture de l'album parvient tout de même à nous bercer avec ses oh oh oh oh. Le début de 2 Trees sonne comme un clin d'oeil preque trop évident à Heavy Water, chanson du premier opus de Foals. C'est enfin What Remains qui conclue le disque, et la voix écho du chanteur sur le premier titre Blue Blood revient ici, ainsi que les oh oh oh oh décidément entêtants cités précédemment, comme pour boucler la boucle.
Total Life Forever semble plus abouti que ne l'était Antidotes, plus mature, plus réussi dans la mesure où les chansons forment un tout plus significatif, logique, cohérent. Dans son ensemble, cet album est moins accessible, probablement moins dansant aussi que ne l'était le premier, mais la musique de Foals a définitivement gagné en intelligence de composition en proposant désormais un éventail encore plus large d'atmosphères. Elle est également plus chargée en émotions. Les petits poulains ont grandi, somme toute.
Foals // Total Life Forever
10 mai // (Transgressive)

L'entrée en matière avec Blue Blood se fait de manière très aérienne, musicalement épurée, avec la voix de Yannis Philippakis résonnant comme un écho lointain, ce qui apporte à la chanson un léger côté démo, pas nécessairement déplaisant. Progressivement, le riff de guitare puis le beat de batterie viennent accompagner la voix, et voilà l'album lancé.
Miami et Total Life Forever, titre éponyme, sont probablement les deux seuls morceaux qui nous rappellent les Foals du premier album : chansons dansantes, entêtantes, courtes, efficaces. Non pas que le reste du disque ne le soit pas, mais les compositions sont plus poussées, et donc parfois moins accessible à la première écoute. Preuve s'il en est avec Black Gold, la véritable pépite de l'album, forte de sa richesse musicale. On la retrouve notamment dans la montée progressive d'une certaine intensité émotionnelle dont l'apogée arrive avec la répétition finale des deux mots into yourself, entêtants et même envoûtants, concordant parfaitement avec l'accélération progressive de notre rythme cardiaque.
Spanish Sahara rentre tout compte fait totalement dans l'esprit de l'album, une fois dans son contexte, alors qu'elle avait plutôt surpris (et le mot est faible) lorsque le groupe l'avait mise en écoute début mars, tant le fossé avec les précédents morceaux du groupe était large. C'est aujourd'hui This Orient, premier single officiel, qui fait office d'ovni, en plus d'être qualitativement au-dessous du reste de l'opus. Fugue, interlude de quarante-neuf secondes aux accents expérimentaux, arrive ensuite, pour mieux introduire After Glow, autre belle surprise de l'album. Puis Alabaster, et son atmosphère glaciale à l'image de la couverture de l'album parvient tout de même à nous bercer avec ses oh oh oh oh. Le début de 2 Trees sonne comme un clin d'oeil preque trop évident à Heavy Water, chanson du premier opus de Foals. C'est enfin What Remains qui conclue le disque, et la voix écho du chanteur sur le premier titre Blue Blood revient ici, ainsi que les oh oh oh oh décidément entêtants cités précédemment, comme pour boucler la boucle.
Total Life Forever semble plus abouti que ne l'était Antidotes, plus mature, plus réussi dans la mesure où les chansons forment un tout plus significatif, logique, cohérent. Dans son ensemble, cet album est moins accessible, probablement moins dansant aussi que ne l'était le premier, mais la musique de Foals a définitivement gagné en intelligence de composition en proposant désormais un éventail encore plus large d'atmosphères. Elle est également plus chargée en émotions. Les petits poulains ont grandi, somme toute.
Foals // Total Life Forever
10 mai // (Transgressive)
ANTI-HIT
Il l'avait annoncé il y a quelques mois, l'album à venir de son projet LCD Soundsystem serait le dernier. On ne voulait pas y croire, mais il semblerait que James Murphy n'ait pas menti. Après la déferlante LCD Soundsystem en 2005 et le chef d'oeuvre Sound Of Silver en 2007, cet ultime opus, This Is Happening, marque donc la fin d'une époque. Mais une belle fin.

On savait James Murphy très friand des longs titres, qui permettent aux morceaux de s'épanouir correctement jusqu'à leur terme (chose beaucoup trop rare chez les groupes actuels), dépassant souvent les sept-huit minutes. Dans ce registre, This Is Happening bat définitivement tous les records. Le premier extrait de l'album à avoir filtré était Drunk Girls, single terriblement entêtant mais qui paraît désormais bien fade face à la richesse de la composition du reste de l'album. Richesse constatable dès le premier morceau, Dance Yrself Clean, dont on assiste à l'évolution stylistique tout au long des neuf minutes. On retrouve cet exercice remarquable d'efficacité avec les titres You Wanted A Hit, Somebody's Calling Me et Home, titre clôturant l'album.
James Murphy nous prouve une fois de plus qu'il sait décidément tout faire, même transformer une ballade romantique en un morceau auquel on peut porter de l'intérêt, avec All I Want, à l'aide de saturation savamment dosée et d'une voix aussi rarement posée. Même schéma avec I Can Change, qui n'est rien d'autre qu'une déferlante de complaintes d'une niaiserie certaine, due à un amour apparemment non partagé ("Love is a murderer/ But if she calls you tonight, everything is alright/ I can change if it makes you fall in love"). Mais là encore, le génie de la composition Murphy opère et on se retrouve à chanter des trucs sans queue ni tête presque malgré nous.
Cet album ne sera pas forcément accueilli comme son prédécesseur, avec toute la ferveur qu'il mériterait pourtant, et cela à cause du côté progressif, anti-tubesque revendiqué de This Is Happening. Pas de titre de la trempe de North American Scum, de All My Friends ou encore New York I Love You But You're Bringing Me Down (définitivement l'un des meilleurs titres de chansons jamais inventés soit dit en passant). Murphy le clame haut et fort dans You Wanted A Hit, la véritable pépite de l'album : "You wanted a hit?/ Well that's not what we do". Peu importe, un excellent album n'a pas besoin de hit.
LCD Soundsystem // This Is Happening
sortie le 17 mai // (DFA Records / EMI)
en écoute intégrale ici, en attendant
Et en prime, James Murphy obtient la palme du clip le plus barré de ce début d'année.

On savait James Murphy très friand des longs titres, qui permettent aux morceaux de s'épanouir correctement jusqu'à leur terme (chose beaucoup trop rare chez les groupes actuels), dépassant souvent les sept-huit minutes. Dans ce registre, This Is Happening bat définitivement tous les records. Le premier extrait de l'album à avoir filtré était Drunk Girls, single terriblement entêtant mais qui paraît désormais bien fade face à la richesse de la composition du reste de l'album. Richesse constatable dès le premier morceau, Dance Yrself Clean, dont on assiste à l'évolution stylistique tout au long des neuf minutes. On retrouve cet exercice remarquable d'efficacité avec les titres You Wanted A Hit, Somebody's Calling Me et Home, titre clôturant l'album.
James Murphy nous prouve une fois de plus qu'il sait décidément tout faire, même transformer une ballade romantique en un morceau auquel on peut porter de l'intérêt, avec All I Want, à l'aide de saturation savamment dosée et d'une voix aussi rarement posée. Même schéma avec I Can Change, qui n'est rien d'autre qu'une déferlante de complaintes d'une niaiserie certaine, due à un amour apparemment non partagé ("Love is a murderer/ But if she calls you tonight, everything is alright/ I can change if it makes you fall in love"). Mais là encore, le génie de la composition Murphy opère et on se retrouve à chanter des trucs sans queue ni tête presque malgré nous.
Cet album ne sera pas forcément accueilli comme son prédécesseur, avec toute la ferveur qu'il mériterait pourtant, et cela à cause du côté progressif, anti-tubesque revendiqué de This Is Happening. Pas de titre de la trempe de North American Scum, de All My Friends ou encore New York I Love You But You're Bringing Me Down (définitivement l'un des meilleurs titres de chansons jamais inventés soit dit en passant). Murphy le clame haut et fort dans You Wanted A Hit, la véritable pépite de l'album : "You wanted a hit?/ Well that's not what we do". Peu importe, un excellent album n'a pas besoin de hit.
LCD Soundsystem // This Is Happening
sortie le 17 mai // (DFA Records / EMI)
en écoute intégrale ici, en attendant
Et en prime, James Murphy obtient la palme du clip le plus barré de ce début d'année.
PLASTIC BITCH
+Plastic+Beach.jpg)
Je ne sais pas quel journaliste musical avait cru tenir le scoop de l'année en entendant de la bouche de Damon Albarn que "Plastic Beach serait de loin l'album le plus pop de Gorillaz", mais dans un élan de spoiler, il avait certainement oublié un mot... On a plutôt jamais vu autant de HIP hop chez Gorillaz (et même avant d'avoir la chance de pouvoir écouter l'album, c'était tout vu d'avance, quand on a appris les nombreuses collaborations east et west coast de l'ancien leader de Blur : Snoop Dogg, Mos Def, De La Soul, Bobby Womack, mais aussi british coast un peu moins connue avec Bashy et Kano).
Il est vrai que l'atmosphère de Plastic Beach est relativement différente des deux premier opus du groupe. Moins marquée pop, parfois plus lente, mais certainement pas moins entraînante. Cette diversité vient sans aucun doute du fait que cet opus est un album de collaborations, avec tous les grands noms du hip hop cités plus haut, mais la légende rock n'est pas en reste puisque Sir Albarn se paye le prestige d'inviter Lou Reed (ex- Velvet Underground, mais est-il seulement nécessaire de le préciser ?), Mick Jones et Paul Simonon (ex- Clash), et Mark E. Smith (The Fall). On retrouve également deux featurings avec Little Dragon (on ne doute d'ailleurs pas que sa participation à Plastic Beach va certainement faire acquérir au groupe suédois davantage de renommée), ainsi que Gruff Rhys, la voix des Super Furry Animals.
Ce troisième album de Gorillaz mêle ainsi les genres avec brio, comme on n'en attendait pas moins de Damon Albarn et de son acolyte de dessinateur Jamie Hewlett.
Gorillaz // Plastic Beach
8 mars // (Virgin)
Ah ouais, et Gorillaz fait même dans la collaboration non-musicale, puisque le groupe se tape le luxe d'avoir Bruce Willis en personnage principal du clip de Stylo, le premier single extrait de l'album. La classe quoi.
JE NE RECONNAIS PLUS PERSONNE EN HARLEY DAVIDSON
Le Black Rebel Motorcycle Club signe avec Beat The Devil's Tattoo un très bon album rock comme on en avait pas vu depuis (trop) longtemps, les tendances des derniers mois ayant été à l'indie folk ou à la dreampop. Le premier album rock de 2010 qui vale le détour, quoi qu'il en soit. Le plaisir de retrouver des guitares saturées et des batteries saccadées nous emplissant d'excitation, nous ne pouvions passer à côté de ce disque.
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Ce septième album (déjà !), dont l'homogénéité fait plaisir à entendre, représente une mine d'or de tubes potentiels aux ingrédients imparables : la fureur de Conscience Killer, Bad Blood aux accents légèrement plus pop, la ballade pop-folk (un peu chiante, avouons-le) Sweet Feeling, et la mélodie Jonestonienne de Evol, qu'un Anton Newcombe aurait pu composer tellement elle rappelle l'esprit du Brian Jonestown Massacre. (N'oublions pas que Peter Haynes, leader du BRMC, officiait jusqu'en 1998 dans le BJM, qu'il a quitté pour fonder son propre groupe). Ajoutons à cela la brutalité sexy de Mama Taught Me Better, le côté obsédant des riffs de Beat The Devil's Tattoo et Styx River, et enfin le génie de Aya, et on obtient la recette de l'album rock idéal. Seul bémol à cette liste de rêve : The Toll. On ne comprend pas tout à fait ce que ce duo pop-country au refrain joué à l'harmonica vient foutre là, on se contentera juste d'oublier sa présence et de presser le bouton "next" lors de sa venue.
Les trois membres du Black Rebel Motorcycle Club démontrent une fois de plus qu'ils ont bien choisi leur nom et pas juste parce que "ça sonnait bien". Mais nos rebelles sont en fait de grands sentimentaux ; pour preuve, la chanson Evol (ou Love lorsqu'on inverse les lettres... on comprend qu'ils n'ont eu d'autre choix que de trouver un astucieux subterfuge pour ne pas appeler leur chanson Love - sinon, c'eût été un peu la te-hon auprès de leurs potes motards imaginaires de L'Équipée Sauvage, dont Marlon Brando - le nom du groupe étant tiré de ce film).
Ce n'est pas un hasard si le Black Rebel Motorcycle Club constitue, avec le Brian Jonestown Massacre, la seule exception à la règle des groupes de rock californien de merde (The Offspring, Blink182, Green Day, Linkin Park). Longue vie au BJM et à tous les groupes qui ont résulté du départ de certains ex-musiciens de la bande à Newcombe ! Keep music evil.
Black Rebel Motorcycle Club // Beat The Devil's Tattoo
8 mars // (Cooperative Music)
+Beat+The+Devil%27s+Tattoo.jpg)
Ce septième album (déjà !), dont l'homogénéité fait plaisir à entendre, représente une mine d'or de tubes potentiels aux ingrédients imparables : la fureur de Conscience Killer, Bad Blood aux accents légèrement plus pop, la ballade pop-folk (un peu chiante, avouons-le) Sweet Feeling, et la mélodie Jonestonienne de Evol, qu'un Anton Newcombe aurait pu composer tellement elle rappelle l'esprit du Brian Jonestown Massacre. (N'oublions pas que Peter Haynes, leader du BRMC, officiait jusqu'en 1998 dans le BJM, qu'il a quitté pour fonder son propre groupe). Ajoutons à cela la brutalité sexy de Mama Taught Me Better, le côté obsédant des riffs de Beat The Devil's Tattoo et Styx River, et enfin le génie de Aya, et on obtient la recette de l'album rock idéal. Seul bémol à cette liste de rêve : The Toll. On ne comprend pas tout à fait ce que ce duo pop-country au refrain joué à l'harmonica vient foutre là, on se contentera juste d'oublier sa présence et de presser le bouton "next" lors de sa venue.
Les trois membres du Black Rebel Motorcycle Club démontrent une fois de plus qu'ils ont bien choisi leur nom et pas juste parce que "ça sonnait bien". Mais nos rebelles sont en fait de grands sentimentaux ; pour preuve, la chanson Evol (ou Love lorsqu'on inverse les lettres... on comprend qu'ils n'ont eu d'autre choix que de trouver un astucieux subterfuge pour ne pas appeler leur chanson Love - sinon, c'eût été un peu la te-hon auprès de leurs potes motards imaginaires de L'Équipée Sauvage, dont Marlon Brando - le nom du groupe étant tiré de ce film).
Ce n'est pas un hasard si le Black Rebel Motorcycle Club constitue, avec le Brian Jonestown Massacre, la seule exception à la règle des groupes de rock californien de merde (The Offspring, Blink182, Green Day, Linkin Park). Longue vie au BJM et à tous les groupes qui ont résulté du départ de certains ex-musiciens de la bande à Newcombe ! Keep music evil.
Black Rebel Motorcycle Club // Beat The Devil's Tattoo
8 mars // (Cooperative Music)
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MARION L.
lundi 8 mars 2010
MÉDICAMENT POUR PEINE DE COEUR
+Teen+Dream.jpg)
L'album porte bien son nom, Rêve Adolescent, il pourrait même faire office de bande-son intégrale du prochain Sofia Coppola si cette dernière nous pondait un nouveau Virgin Suicides. L'ambiance générale est douce, aérienne, gracieuse, élégante - à l'image du groupe Beach House - à tel point qu'il est difficile de se défaire de cet album. Les morceaux sont longs, ils tournent plus ou moins tous autour des cinq minutes, et pourtant ils paraissent n'en faire que la moitié. Les backvocals de la part féminine du groupe, Victoria Legrand, ne sont pas sans rappeler la voix de Belinda Butcher qui donne à My Bloody Valentine son côté éthéré, parfois à la limite du psyché.
Tous les morceaux forment un espèce d'ensemble absolument cohérent, qui rappelle le rôle premier d'un album : l'harmonie des titres, chose trop rare de nos jours où l'esprit dans lequel un album a été composé ne se dégage pas forcément lors de son écoute. Avec Teen Dream, les émotions ressenties sont partagées, il y a autant de mélancolie que de joie, autant de rêve que de réel, autant de passion que d'excitation.
Les titres défilent et on s'aperçoit qu'il est difficile d'en relever deux ou trois qui surpasseraient l'ensemble global, car chaque chanson possède une capacité mélodique rare, où les synthés se mêlent avec brio aux guitares d'Alex Scally et à la magnifique voix de la non moins magnifique Victoria. Il faut cependant accorder plusieurs écoutes à cet album avant d'en venir à cette conclusion, car à la première, ce disque peut paraître justement trop homogène et donc redondant, alors qu'il n'en est rien.
A peine le premier mois de l'année terminé, on sait déjà que cet album fera partie de tous les tops et autres classements de fin d'année. Teen Dream sera incontestablement l'un des grands albums de 2010, il ne pourra en être autrement, tant ce disque approche de la perfection pop.
Beach House // Teen Dream
25 janvier // (Sub Pop / Cooperative Music)
(Et puisqu'ils sont également doués en ce qui concerne les vidéos clips, on ne va pas faire dans la demi-mesure.)
Beach House sera en concert en France le mois prochain :
Le 18/02 à Lille (Aéronef)
Le 19/02 à Saint-Malo pour la Route du Rock collection hiver
Le 20/02 à Paris (Maroquinerie)
Le 18/02 à Lille (Aéronef)
Le 19/02 à Saint-Malo pour la Route du Rock collection hiver
Le 20/02 à Paris (Maroquinerie)
"LES GENS INTELLIGENTS TROUVENT CE DISQUE PARFAIT, ET LES ABRUTIS LE DÉTESTENT." JACK BARNETT
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Dans la lignée de leur premier album Beat Pyramid paru en 2008, These New Puritans parviennent à nouveau à surprendre sur toute la durée du disque. Hidden est un album noir, inquiétant, que l'on pourrait également qualifier de tribal, et qu'il ne ferait sûrement pas bon écouter la nuit, de retour de soirée à 4h du matin dans les ruelles sombres de nos grandes villes, à moins d'avoir le goût du frisson.
We Want War, en voilà une chanson qui porte bien son nom. L'angoisse monte à mesure que les instruments entrent progressivement, et la voix susurrée de Jack Barnett sur fond de tambour conquistador ne font qu'accentuer ce sentiment peu rassurant. Les atmosphères varient complètement d'un titre à l'autre, d'une façon presque choquante, mais loin d'être déplaisante. Three Thousand a quelque chose de complètement envoutant, ensorcelant, inquiétant, presque sectaire. Alors que la chanson qui suit, Hologram, avec ses quelques accords au piano, ses cuivres et ses sonorités jazz est beaucoup plus légère. Le reste des morceaux continue à jouer avec nos nerfs (Attack Music, Drum Courts - Where Corals Lie, White Chords).
Bien sûr, contrairement à ce qu'en disent ses créateurs, ce disque n'est pas parfait. Les frères Barnett toute arrogance dehors se la jouent grande gueule façon Gallagher, maintenant que la place de duo de trublions anglais en chef est provisoirement libre. Mais une chose est au moins certaine, détester cet album serait effectivement stupide. Même si Blackout de Britney Spears en fut, selon leurs dires, l'inspiration principale...
These New Puritans // Hidden
18 janvier // (Domino / PIAS)
These New Puritans seront en France le mois prochain pour assurer la première partie des concerts de The xx,
Le 11/02 à Tourcoing (Grand Mix)
Le 12/02 à Angoulême (La Nef)
Le 13/02 à Nantes (Olympic)
Le 14/02 à Toulon (Midi Festival)
Puis de retour le 4/03 à Paris (Point Éphémère)
Le 11/02 à Tourcoing (Grand Mix)
Le 12/02 à Angoulême (La Nef)
Le 13/02 à Nantes (Olympic)
Le 14/02 à Toulon (Midi Festival)
Puis de retour le 4/03 à Paris (Point Éphémère)
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MARION L.
dimanche 17 janvier 2010
AMOUR EN FA MINEUR

On croyait Adam Green perdu. Divorcé, camé jusqu'à la moelle, ridicule lors de son concert avec Carl Barât au Centre Pompidou en septembre dernier puisque complètement déboité, wannabe-Cobra Snake avec son dernier hobby en date : la photo (ratée) de soirée made in LA avec des poules de luxe/apprenties mannequin via son blog photo, bref, pas l'ombre d'un album en préparation. Et pourtant, voilà qu'arrive à nos oreilles Minor Love. Étant donné les dernières péripéties en date du "prince de l'antifolk", on était en droit de craindre le pire.
Et pourtant, tel un chat, il semblerait qu'Adam Green retombe toujours sur ses pattes. Minor Love est tout à fait dans la lignée de ses précédents albums, Garfield, Friends Of Mine, Gemstones, et surtout, meilleur que le dernier en date quelque peu décalé par rapport à l'univers habituel du new yorkais, Sixies And Sevens. Adieu les choeurs soul et les arrangements pompeux, Green revient aux sources. Le format court est de retour (la chanson la plus longue de l'album dure moins de trois minutes), le songwritting de génie aussi, sans oublier l'humour toujours décalé et la voix délicieusement grave ; ouf, on a eu peur.
Adam Green // Minor Love
19 janvier // (Beggars)
LE PARADIS ATTENDRA
"Encore une actrice qui chante." Non, pour Charlotte Gainsbourg, le rapport à la musique a toujours été particulier. A part. Elle écrit très peu de textes, elle ne compose pas, elle chante à peine. Et pourtant, elle s'en sort bien avec IRM.

L'album ouvre avec le folk psyché de Master's Hands, et on s'attendait à une révolution mais non : Charlotte Gainsbourg a bel et bien hérité de l'absence de voix de sa mère. Bon, on verra plus loin qu'elle a quand même récupéré deux-trois trucs du père, ce qui est plutôt un avantage. La révélation de ce second "vrai" album de la fille Gainsbourg (Charlotte For Ever ne comptant pas vraiment) est la présence de l'américain Beck, grand aficionado de Serge, le père (dont on peut largement sentir l'influence sur les albums Mutations et Sea Change).
C'est avec Le Chat du Café des Artistes qu'on comprend pourquoi Charlotte fait bien de chanter en anglais. Sans parler du poids de l'héritage familial sur la façon de manier avec brio la langue de Molière, "quand on est mort c'est qu'on est mort", franchement, on s'en serait passé.
La voix de la chanteuse sur Me And Jane Doe est assez méconnaissable : grave, forte, tout sauf frêle. Ça change, et ça fait du bien, parce qu'entendre sans arrêt un murmure timide finit par lasser.
Trick Pony est le titre rock de l'album, qu'il fait bon d'entendre après deux chansons assez classiques où rien d'extraordinaire ne se dégage. On s'aperçoit avec surprise et plaisir que le style rock convient tout à fait à Gainsbourg.
La Collectionneuse aussi appelée The Collector est la chanson expérimentale voire totalement psychédélique de l'album qui nous rappelle à la fois que c'est Beck qui produit ce disque, et que Charlotte est bien la fille de son père. Alternant texte en anglais et en français, chant et murmures parlés dont plusieurs extraits de poèmes d'Apollinaire (notamment L'Adieu et Le Pont Mirabeau), la voix de Charlotte Gainsbourg nous entraîne dans une sorte de spirale psychée, orchestrée autour d'un riff joué en boucle, successivement au violon puis au piano.
Retour dans le début des années 1970 avec Looking Glass Blues et ses riffs de guitare saturée (mais version très soft, voire lounge ; on n'est pas chez ACDC non plus), pour clôturer l'expérience IRM.
IRM, en deux mots : grâce et volupté (ces deux magnifiques mots qui correspondent définitivement bien mieux à de la musique qu'à un vulgaire café).
Charlotte Gainsbourg // IRM
30 novembre // (Warner)
JE NE T'AIME PLUS, MON AMOUR
+Break+Up.jpg)
La présence de Scarlett Johansson est, avouons-le, l'unique élément qui attirera la curiosité de la plupart des gens qui écouteront ce disque, car jusque là, Pete Yorn était parfaitement inconnu au bataillon ; preuve suprême : sa page wikipédia française n'a été créée que lors de l'annonce de la sortie imminente d'un de ses albums avec Scarlett Johansson en featuring intégral. Pourquoi elle et pas une autre ? Selon ses propres dires, Yorn rêvait d'un album à la Gainsbourg & Bardot époque Bonnie & Clyde, et ne voyait personne d'autre que Scarlett pour former ce duo.
Break Up est un album léger, mais contradictoire, car la musique est joyeuse alors que les textes traitent de rupture sentimentale. A la fois plaisant et facile, pas très ambitieux, on l'écoute d'une oreille parfois distraite, mais après tout, l'important reste qu'on l'écoute.
Relator n'est pas la chanson qui mérite d'être retenue de cet album. Elle est entraînante, un brin rock'n'roll, bref, bien calée pour être le premier single. Mais la voix de Scarlett Johansson est loin d'être mise en valeur. Au contraire. On aurait presque préféré que Pete Yorn assure seul ce morceau, tellement la voix de sa muse est (affreusement) mixée, notamment au niveau du volume ; lors de la sortie de son (premier) album de reprises de Tom Waits, Anywhere I Lay My Head, beaucoup avaient reproché à Johansson de murmurer plus que de chanter. C'est vérifiable sur cette chanson. Si vous voulez entendre plus distinctement la voix singulière de Johansson, I Don't Know What To Do ou Blackie's Dead sont plus appropriées.
Cet album, puisque fait de compositions originales uniquement, passe mieux que la première galette de Johansson. Reprendre du Tom Waits, c'est prétentieux, et donc difficile, même pour une fille, ou plutôt, même pour la femme actuellement considérée comme la plus belle au monde. Ça passe bien à la télé, mais un brin moins quand on a son iPod vissé sur les oreilles parce que le visage (ou plutôt, reconaissez-le, la poitrine) de la belle Scarlett n'est pas là pour détourner l'attention de ce qui compte avant tout ici : la musique.
Pete Yorn & Scarlett Johansson // Break Up
9 septembre // (Rhino)
(RE)DESCENDRE DE LA NUIT
Bien que cet album soit sorti en octobre 2008 aux US, il n'a été réalisé en France qu'en mars, et leur venue à la Route du Rock dans moins d'un mois est à vrai dire un beau prétexte pour remettre cet album sur le devant de la bibliothèque iTunes.
+Alight+Of+Night.jpg)
Je ne pense pas trop m'avancer en disant que Crystal Stilts est le groupe à la croisée du Velvet Underground, du Brian Jonestown Massacre et de Joy Division. On retrouve en effet les bases alternatives de leurs pères new-yorkais : batterie freelance (Maureen Tucker sors de ce corps), guitares saturées ; les sonorités aériennes, limite hippies de la bande à Newcombe avec des tambourins à tout va et parfois même de l'harmonica ; et la froideur mêlée à la mélancolie des célèbres mancuniens trop tôt privés de leur chanteur.
En plus ces mecs portent les mêmes lunettes que Lou Reed et John Cale en 1967 ; rien que ça, ça force le respect.
Au nom très poétique, Alight Of Night est un album qui fait office de périple psyché porté par la voix grave de Brad Hargett qui nous ramène dans les 70s. Les guitares sont en tous points semblables à celles du Velvet période Loaded, sublimées par une touche aérienne, encore une fois, mot qui colle décidément bien à la musique de Crystal Stilts.
Au terme des onze morceaux, Alight Of Night nous perche bel et bien sur des Échasses de Cristal, que ce soit au sens propre comme au figuré.
Pour la petite anecdote, je suis tombée sur leur interview dans Vice alors que j'étais déjà en train d'écrire cette review, et ai été amusée du fait qu'ils insistent pour qualifier leur musique de masculine, "une musique d'hommes" tandis qu'ils s'accordent à dire que c'est normal que l'album de The Pains Of Being Pure At Heart plaise aux adolescentes, "surtout celles qui font des études littéraires". Je trouve assez chiant car répétitif l'album de The Pains(...) alors que celui des Crystal Stilts me fascine, donc si on suit à la lettre leur théorie, on est en droit de s'interroger sur la véritable nature de mon anatomie. En attendant, on patiente jusqu'au 14 août pour les voir à la Route du Rock.
De tous ces groupes avec des noms en crystal en veux-tu en voilà (Crystal Castles, Crystal Antlers, The Crystal Method) vous savez désormais lequel il vous reste à retenir.
Crystal Stilts // Alight Of Night
25 mars // (Slumberland)
"SI LE CONNARD DE KEANE PASSAIT DIX MINUTES AVEC NOUS, IL N'AURAIT PLUS BESOIN D'ALLER EN DÉSINTOX, IL SERAIT DÉJA DANS SON CERCUEIL." TOM MEIGHAN
+West+Ryder+Pauper+Lunatic+Asylum.jpg)
Ah qu'il est bien loin le temps de Kasabian période Empire, où les guitares étaient lourdes et où les riffs quasi électro. Ce temps-là est désormais révolu, avec West Ryder Pauper Lunatic Asylum en tout cas.
C'est la première fois que le groupe livre un album aussi éclectique, mêlant avec brio les styles d'une chanson à l'autre. Si Kasabian ne renonce pas au rock puissant qui l'a fait connaître, le groupe a cependant laissé entrer des nuances psychédéliques, électro, pop, et même orientales.
Entrée en matière avec Underdog : une intro électro presque futuriste, un riff qui vous imprime les couplets dans la tête pour un bon moment, enfin jusqu'à la deuxième chanson de l'opus, Where Did All The Love Go?, au refrain pop presque digne d'un rêve hippie - quand on connait la personnalité de Kasabian, c'est plus qu'inattendu. Le solo aux sonorités très orientales surprend, mais s'intègre parfaitement à la chanson, y apportant toute sa spécificité, avant de repartir sur une guitare acoustique que l'on jurerait sortie du premier album des américains de MGMT.
Fast Fuse rappelle les sonorités d'origine de Kasabian : un bon rock bien lourd comme on l'aime, aux riffs imparables. Mais en plus subtile, comme par l'introduction d'une guitare acoustique, le tout sublimé par une voix qui se confondrait presque avec celle d'Alison Mosshart, la part féminine des Kills.
Take Aim est probablement la plus belle preuve de l'éclectisme cité plus haut. Tous les styles y sont mariés à merveille.
On jurerait que pour composer Thick As Thieves, Tom Meighan (chanteur), Serge Pizzorno (guitariste et auteur-compositeur) et leurs compères se sont exilés dans une communauté tzigane d'Europe de l'Est où l'exercice de la guitare autour du feu de camp est courant. On imagine mal la scène, mais quoiqu'il en soit cette chanson est une des pépites de l'album. West Ryder Silver Bullet, en duo avec l'actrice américaine Rosario Dawson nous replonge dans l'univers des westerns des années 1920.
Il nous manque quoi dans tout ça ? La petite ballade qui va bien, et c'est Ladies And Gentlemen (Roll The Dice) qui se charge de remplir cette tâche. Quoique la dernière chanson de l'album, Happiness, n'est pas mal non plus à cet exercice. On y retrouve même des choeurs gospel.
Enfin, le refrain de Fire, en bon premier single, est entraînant et (très) entêtant, tellement que l'on se surprend à crier "I'm on fiiiiiiiiire" sans vraiment s'en rendre compte ; on imagine ce que ça pourrait donner en concert, et on se dit alors : Kasabian, c'est quand la tournée française déjà ?
Kasabian // West Ryder Pauper Lunatic Asylum
8 juin // (Sony/ BMG)
"JE SUIS VAIN CAR JE SUIS IMPARFAIT." PETER DOHERTY
+Grace-Wastelands.jpg)
Beaucoup de gens croient encore que Peter Doherty n'est que le fruit des tabloids de par ses frasques liées à la drogue, à la justice, ou à ses liaisons avec des supermodels. Le résultat d'un phénomène de mode trash dont s'est emparée notre société voyeuse. Ces gens ne prennent pas le temps d'aller voir plus loin. Il faut parfois privilégier le talent à la réputation. Contrairement à la majorité des starlettes dont tout le monde connaît les noms, sans talent ni intérêt aucun, Peter Doherty, lui, sait se servir d'un crayon et d'une guitare, et il lui en faut peu pour faire des chansons qui seront -et qui sont parfois déjà (cf les groupes dans lesquels il a exercé)- des hymnes pour toute une génération.
Ne vous attendez pas à retrouver dans cet album l'électricité des Libertines ou des Babyshambles, ancien groupe et groupe actuel, car vous serez déçus. Avec ce premier album, Doherty nous embarque dans son monde imaginaire, que lui-même appelle Arcady. C'est un mélange de pureté et de crasse, de larmes et de sang, d'harmonicas usés et de cordes de guitare cassées, mais surtout de profonde candeur. On retrouve l'esprit brouillon des multiples sessions acoustiques que le musicien a enregistrées par le passé, mêlé à une justesse musicale rare.
Cet album serait-il une sorte de thérapie ? Prenons Sheepskin Tearaway, au hasard. Une fille qui ouvre son coeur à un type couvert de cicatrices et rempli d'héroïne, tiens tiens, on a déjà vu ça quelque part. Les paroles, puisque authentiques, en viennent à être bouleversantes. Voilà ce qui fait de Doherty un parolier si rare et si précieux ; la façon dont il se sert de ses chansons d'exutoire, le tout sublimé de poésie.
Grace/Wastelands ressemble tout simplement profondément à son auteur : simple, authentique, acoustique. Ces chansons viennent du plus profond de l'âme, du coeur, d'une bouteille de whisky ou d'une seringue d'héroïne, on ne sait pas, ça n'importe que peu, Lady Don't Fall Backwards s'apprête à finir, et on a juste pas envie que ce moment de précieuse douceur s'arrête. Après tout ça, on a envie d'embrasser à nouveau son premier amour, de pleurer, de s'ouvrir les veines, de jouer de la guitare sous la pluie, de danser dans une rue bondée en pleine journée, tout un tas d'émotions assez diverses qu'on n'explique absolument pas, mais on ne reste pas insensible.
Alors, est-ce que l'amour pousse désormais dans les arbres ? Ce serait plus simple, mais on ne sait pas. En revanche, Grace/Wastelands est-t-il l'un des albums incontournables de cette année ? Dans la lignée d'un Elliott Smith, d'un Léonard Cohen, voire même d'un Dylan ; oui, certainement.
Peter Doherty // Grace/Wastelands
16 mars // (Parlophone)
ONE'S GOT A MOUSTACHE AND SHE TALKS A LOT OF SHITE
+Klang.jpg)
On pourrait se dire que les Rakes se font vraiment pas chier. Ca fait deux ans qu'on l'attend, et ils nous pondent un album de dix petites chansons qui excèdent rarement de beaucoup les trois minutes, et qui au total ne fait même pas une demie heure (vingt-neuf minutes et une seconde très exactement - oui, on est précis ou on ne l'est pas). Seulement, c'est ça le secret d'un bon indie rock : on n'entend pas quinze fois le même refrain sur cinq longues minutes, et on n'est donc pas déjà saoulés avant même la fin de la chanson.
Ça commence fort avec You're In It : ça fait à peine dix secondes qu'on a lancé le morceau sur son iPod et on a déjà le riff de guitare dans la tête, tête qu'on penche d'ailleurs déjà de gauche à droite avec un sourire béat en se disant "je sens que ça valait le coup de l'attendre deux ans ce nouvel album".
That's The Reason et The Loneliness Of The Outdoor Smoker sont tout à fait dans l'esprit du premier album du groupe, Capture/Release : courtes, brutes, limite punks.
1989, en bon premier single, apparait comme une bouffée d'air frais après deux chansons que l'on pourrait qualifier d'un peu calmes, que sont Bitchin' In The Kitchen (au titre pourtant prometteur) et The Woes Of The Working Woman. On ne contrôle à nouveau plus notre bassin et nos jambes.
The Light From Your Mac pourrait presque faire office de chanson sociale tellement elle reflète deux fléaux de ce début de XXI siècle, j'ai nommé l'abus d'alcool et de nouvelles technologies. C'est vrai, la phrase qui résonne dans nos têtes en fin de soirées arrosées, c'est toujours : "je ferais mieux de pas rester ici cette nuit parce que je suis bourré(e) et je te trouve canon..." On ne savait cependant pas que les Rakes étaient des poètes : "je me glisse dans ta chambre/la lumière de de ton mac traverse les ténèbres/comme la lumière de la lune"... c'est presque digne d'un Baudelaire, enfin, chaque époque remise dans son contexte, bien évidemment.
Klang se termine avec The Final Hill, on reste un peu sur notre faim, on s'était plus ou moins réservés au court du repas et on aurait volontiers pris un bon Paris-Brest à la place de cette île flottante un peu légère, mais bon, la flopée de tubes potentiels de cet album rattrape largement cette petite fin.
L'INFO EN PLUS
Klang est une commune française du département de la Moselle, en Lorraine.
Nombre d'habitants : 236
Superficie : 4,19 km²
The Rakes // Klang
23 mars // (V2/ Universal)
I FOUND A NEW WAY BABY
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CINQ BONNES RAISONS DE SE PROCURER LE NOUVEL ALBUM DE FRANZ FERDINAND.
#1 - Alex Kapranos a investi dans le sex appeal vocal, c'est un fait. Tendez l'oreille sur les "last night was wild" et "come on let's get high" de Ulysses ou encore "lick your cigarette and kiss me where your eyes won't meet me" de No You Girls, et vous aussi vous penserez : "Alex Kapranos, mieux vaut pour toi que je ne te croise jamais dans la rue ou je te saute dessus, te voilà prévenu".
#2 - A force de faire des dj sets, les Franz Ferdinand ont commencé à intégrer un semblant d'électro dans leur musique. Parfois sous forme de basse (Ulysses, Bite Hard), parfois sous forme de bidouillages avec des boutons comme sur la fin de Ulysses et carrément sur toute la seconde moitié de Lucid Dreams, parfois sous forme de riffs (Can't Stop Feeling, à ce propos essayez de vous débarrasser dudit riff après avoir entendu la chanson, et je vous paye un Martini à l'happy hour).
#3 - Ce sont des petits malins, les Franz Ferdinand. Alors que vous vous apprêtez à écouter Bite Hard, vous entendez cette intro au piano et vous dites "putain mais je suis pas en train d'écouter du James Blunt, c'est quoi ce bordel", et vous avez à peine eu le temps de vous faire la réflexion que la batterie démarre, la basse la rejoint, les guitares ne tardent pas, adieu le piano, et c'est tant mieux. Ils nous ont bien eu.
#4 - Ne serait-ce que le titre de l'album. Tonight. C'est bon on a compris, c'est un album pour serrer. Quand on fait le rapprochement avec le #1 ça saute aux yeux.
#5 - Et enfin, et ça compte quand même, on retrouve les Franz Ferdinand des deux albums précédents, et leurs petits riffs pop rock qui vont bien, qui vous font bouger du bassin dans le bus, dans la rue en marchant (oui c'est possible) et en soirée (Turn It On, No You Girls, Bite Hard, Lucid Dreams, et en fait quasiment toutes les chansons de l'album, quand on y réfléchit).
Franz Ferdinand // Tonight
26 janvier // (Pias)
PROMPT RÉTABLISSEMENT
+Rest+Now,+Weary+Head!+You+Will+Get+Well+Soon2.jpg)
Impossible de ne pas penser à Antony d'Antony & The Johnsons en voyant l'homme au premier abord, les cheveux noirs corbeau et le teint plus blanc que celui de Marie Antoinette. Impossible de ne pas penser à Spiritualized et Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space en écoutant Prelude. Impossible de ne pas penser à Radiohead en écoutant People Magazine Front Cover. Impossible de ne pas penser à Peter, Bjorn & John et Objects Of My Affection et en écoutant Ticktack! Goes My Automatic Heart.
"Mais si c'est du déjà-vu, alors quel intérêt?" me direz-vous. Le génie, vous répondrai-je. Car oui, la musique de Get Well Soon est un merveilleux mélange d'atmosphères, d'ambiances qui vous emmènent tantôt survoler des champs de tournesols au printemps en vous en mettant plein la vue, tantôt dans un opéra à Vienne au XVIIIe siècle avec un castra sur scène faisant pleurer ces dames tellement bouleversées qu'elles en perdent leur mouche en mousseline.
En écoutant Born Slippy Nuxx, la reprise d'Underworld, vous vous demandez si Konstantin Gropper (aka Get Well Soon, car oui l'homme est en fait le groupe à lui tout seul) (et oui c'est Allemand) est un fou ou un virtuose. J'aurais envie de dire les deux. Je ne doute toutefois pas de l'état mental à peu près correct du bonhomme (même si n'oublions pas que personne n'est à l'abri de la folie dans la mesure où un français sur quinze souffre de troubles psychiques, ce qui certes ne veut pas dire fou allié, mais en même temps il y aurait de quoi le devenir quand on voit que Le Petit Nicolas se tape Carla Bruni, que c'est la crise, et que Michel Drucker fait toujours des émissions TV). Mais je ne peux m'empêcher d'imaginer cette musique dans Requiem For A Dream, vous savez, la scène où la vieille commence à péter un câble et à voir le frigo danser sur lui-même et à s'imaginer dans son émission télé à la con au fur et à mesure qu'elle enchaîne les amphets. Et en même temps, les "mega mega white thing" répétés à l'infini me font penser à une berceuse pour bébé qui serait chantée sous LSD. Je suis donc partagée.
L'ami Gropper décrit sa musique comme "mélancolique", ce qui est effectivement le premier mot qui sort de votre bouche après "woah" lorsque vous avez écouté l'album dans son intégralité pour la première fois. Ça sent à plein nez les nuits d'insomnies passées à tenter de trouver la bonne mélodie sur un vieux clavier avec pour seule lumière le reflet de la lune, un cendrier plein sur le coin d'une table et des brouillons chiffonnés sur le sol. Konstantin Gropper peut même se vanter de m'avoir réconciliée avec les violons, instrument que j'ai toujours trouvé pompeux. Donc on dit merci l'ami et on va voir ça en concert car Get Well Soon est en France du 11 au 15 Novembre. Alors ok c'est la semaine de l'armistice, tout ça, mais c'est bon la hache de guerre est enterrée avec les boches, alors check out.
Get Well Soon // Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon
15 septembre // (Pias)
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